Québec : un projet de loi de la CAQ pour interdire les prières de rue

En bref

  • Projet : la CAQ prépare une loi pour interdire les prières de rue.
  • Initiateur : gouvernement de François Legault, appuyé par le ministre Jean-François Roberge (responsable de la Laïcité).
  • Contexte : recommandations du comité Pelchat-Rousseau, qui préconisait plutôt de confier la question aux municipalités.
  • Réactions : inquiétudes des organisations musulmanes et des défenseurs des libertés civiles, soutien du Mouvement laïque québécois.
  • Enjeu : débat entre liberté de religion et volonté de renforcer la laïcité dans l’espace public.

Sommaire

1. Un projet de loi en préparation

Le gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ) prépare un projet de loi visant à interdire les prières de rue, selon une source gouvernementale. Le premier ministre François Legault privilégie une approche plus stricte que celle du comité Pelchat-Rousseau, qui recommandait de laisser la gestion de ces situations aux municipalités. L’adhésion serait forte au sein du caucus caquiste, et le projet de loi devrait inclure des mesures plus larges pour renforcer la laïcité.

2. La prière de rue, un enjeu sensible

La multiplication des prières en plein air, notamment à Montréal, alimente un débat récurrent sur la place de la religion dans l’espace public. En décembre 2024, François Legault avait déjà exprimé son malaise, affirmant que la prière devait se faire dans les lieux de culte, et non dans les rues ou parcs publics. « Quand on veut prier, on va dans une église, on va dans une mosquée, mais pas dans des lieux publics », avait-il déclaré.

3. Des réactions divisées

Le projet suscite de vives réactions. L’Association canadienne des libertés civiles estime qu’une telle interdiction constituerait une grave atteinte à la liberté de religion, garantie par les chartes canadienne et québécoise. Des représentants de la communauté musulmane, comme l’imam Omar Koné de la mosquée al-Iman, mettent en garde contre un dangereux précédent qui risquerait d’alimenter la stigmatisation et l’exclusion. Le Forum musulman canadien déplore que le gouvernement se concentre sur ce sujet alors que des enjeux sociaux urgents persistent, tels que le logement ou le coût de la vie.

À l’opposé, le Mouvement laïque québécois salue l’initiative, estimant qu’il est légitime de protéger l’espace public de toute manifestation religieuse susceptible d’être perçue comme du prosélytisme. Le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon, ne s’y oppose pas directement mais questionne le calendrier, accusant François Legault d’avoir tardé à agir malgré une réflexion amorcée depuis un an.

4. Entre laïcité et libertés fondamentales

Ce projet de loi s’inscrit dans une volonté plus large de renforcer la laïcité au Québec, avec des mesures déjà envisagées comme l’extension de l’interdiction des signes religieux dans les centres de la petite enfance et les garderies subventionnées. Mais il relance aussi le débat sur l’équilibre entre neutralité de l’État et liberté individuelle de religion. Pour certains, il s’agit d’une étape nécessaire pour préserver la cohésion sociale ; pour d’autres, une restriction dangereuse qui fragilise les droits fondamentaux et nourrit la division.

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