Une nouvelle rumeur visant la communauté musulmane circule en France : selon certains internautes, l’enseigne E. Leclerc aurait décidé de remplacer toute la viande de ses rayons par de la viande halal. Une affirmation totalement fausse, rapidement démentie par Michel-Édouard Leclerc lui-même.
Une fake news qui circule massivement sur les réseaux sociaux
Depuis la mi-août, plusieurs vidéos et messages relayés sur X et TikTok prétendent que « 60 % de la viande vendue chez Leclerc » serait désormais halal. L’information, attribuée directement au patron de l’enseigne, a suscité de nombreuses réactions indignées en ligne.
Dans certaines vidéos, des internautes dénoncent « une imposition » et appellent au boycott de la chaîne de distribution. Ces accusations s’inscrivent dans une série de campagnes visant à attiser les tensions autour des produits halal en France.
🎥🇫🇷 Sur TikTok, un internaute dénonce la présence de produits halal qu’il estime « imposés » dans les rayons Leclerc, affirmant que 60 % d’entre eux en contiennent. Pour rappel, la clientèle musulmane représente un poids important dans le pouvoir d’achat des grandes enseignes… pic.twitter.com/2gxKwo6Gxm
— Cpasdeslol (@cpasdeslol_X) August 13, 2025
La réponse ferme de Michel-Édouard Leclerc
Face à l’ampleur de la rumeur, Michel-Édouard Leclerc a pris la parole directement sur son compte X. Il a catégoriquement démenti l’existence d’une telle mesure, rappelant que la part du halal dans ses supermarchés reste très limitée. « Le halal en grandes et moyennes surfaces, c’est moins de 4 % de l’alimentaire, avec juste une pointe à 17 % sur la viande de poulet », a-t-il précisé. Une mise au point claire qui vise à couper court aux manipulations en ligne.
Le halal, une niche dans la grande distribution
Contrairement aux accusations, la viande halal reste minoritaire dans les rayons des supermarchés français. Elle constitue un segment de marché, mais ne représente en rien une majorité des produits carnés proposés. La demande existe, en particulier dans certaines zones urbaines, mais elle demeure proportionnelle aux besoins des consommateurs musulmans, qui représentent une part spécifique de la clientèle. Les chiffres avancés par Michel-Édouard Leclerc rappellent cette réalité économique.
Une tentative de créer des divisions religieuses
Pour le patron de l’enseigne, cette campagne de désinformation ne vise pas seulement son groupe, mais participe à une stratégie plus large : « Ceux qui véhiculent ces fake news veulent foutre la pagaille entre confessions religieuses », a-t-il déclaré. Et d’ajouter qu’il préfère « prêcher pour la paix des clochers et des minarets ». Ce discours rappelle que les débats sur l’alimentation halal sont régulièrement instrumentalisés dans le débat public français, notamment par des militants d’extrême droite.
La vigilance face aux infox alimentaires
Cette affaire illustre une fois de plus la facilité avec laquelle de fausses informations peuvent se répandre sur les réseaux sociaux. Les rumeurs concernant le halal se multiplient depuis plusieurs années, souvent utilisées comme outil de polarisation politique. Dans un contexte où la consommation alimentaire est déjà un sujet sensible, les enseignes de grande distribution se retrouvent parfois malgré elles au cœur de polémiques infondées.
En démentant rapidement, Michel-Édouard Leclerc a voulu éviter l’escalade et rappeler que les rayons de ses supermarchés restent diversifiés, accessibles à tous et adaptés aux habitudes de consommation de la majorité des Français. Mais cette affaire souligne aussi la nécessité pour le public de vérifier les sources et de rester vigilant face aux campagnes de désinformation.